Cet espace créatif accueille les créations en relation avec les mythes et les rites, et donc aussi le reflet de nos légendes personnelles. Merci à nous tous de stimuler et de partager ainsi nos créativités qui sont nos trésors !


Concours mythe et rite en poésie 2017


Lauréats du premier concours : Laurie et Aris


Laurie écrit depuis longtemps des poèmes, petits trésors qu'elle garde précieusement dans son grenier : puisse ce prix lui donner l'envie de les sortir à la lumière !!! Voici son poème dédié à sa fille Isis :


D'où lui viennent ces cheveux dorés

Si ce n'est du soleil, du sable, de la terre

Dorée, parmi les pyramides esseulées,

Érigées par le temps au nom d'une Ère

Où la déesse a écrit son serment.

 

Isis, tantôt bienfaitrice, tantôt sorcière,

Pour réunifier le corps de son Amant,

Elle est guérisseuse et trône au firmament.

Le peuple l'aime d'un amour infini.

Son culte, à Philae, traverse le Temps.

 

Isis, déesse mère, l'Insoumise,

Son rire éclate en myriade de diamants

Dispersé par l'ibis au-delà du soleil couchant.

Elle unit le ciel et la terre promise,

Partout où elle passe son éclat est vivant.

 

En mon sein, en le tien, nous ne faisons qu'un.

 

Pour ma fille, ma déesse, Isis.

 

LAURIE GANDEMER



La partie masculine du "jury" a été touchée par la sensibilité du poème d'Aris, jeune homme discret. Voici son joli poème, qui sonne comme un hymne à Artémis :


Ô déesse chasseresse, aux flèches brillantes,

Éros m’a transpercé le cœur de sa flèche

Et puis m’a conduit dans tes contrées radiantes,

Où tu résides, entourée de vingt nymphes.

Ô déesse au croissant de l’astre nocturne,

Sous ta pâle lumière, je me retrouve

L’arc à la main, à chasser dans ton domaine,

À courir avec toi, dans le bois aux louves.

Ô déesse protectrice du monde sauvage,

Dans de vastes bois, caché du reste des humains,

Notre amour fleurira, durant nos voyages,

Et à Zeus ton père je demanderai ta main.

Mais sous la lumière de ton frère, je m’ennuie,

À attendre si longtemps la belle de mes nuits.

 

ARISTIDE JANNAULT



à l'honneur également les autres poètes du concours : Maëlle, Fanny, Claire, Roi des Rats, Octave, Yu, Alex, Louis


Maëlle est une jeune femme brillante et pleine d'humour. Elle écrivait des strophes "comme ça" au lycée sans se rendre compte que ce qui lui venait pouvait plaire à d'autres ... Puisse ce concours l'encourager à continuer !!!


                            λύρα

Souffle Éole dans les cheveux de feu

De cette belle muse au corps radieux

Éros a tiré sa flèche en plein cœur

Effaçant ainsi mes doutes et mes peurs

 

Ô Déesse de mes jours et de mes nuits

Tel Narcisse sa beauté a changé une vie

Dans les bras de Morphée j’aime la trouver

Couvrant son corps de milles baisers

 

Et je prie les dieux et les déesses

Suppliant de m’offrir sa tendresse

Car le manque de son amour me fait souffrir

 

Hadès l’a appelée auprès de ses pairs

Faisant de ma vie le véritable enfer

Mais je viens te chercher ma belle Eurydice.

Maëlle GUÉDOU



Fanny, elle aussi, écrit depuis longtemps des poèmes par plaisir. Dotée d'une sacrée ouverture d'esprit et de belles qualités humaines, elle nous offre, joli cadeau de Noël, un très beau poème où, telle une émouvante ronde cosmique, les grands personnages mythologiques de nos différentes époques et cultures se rassemblent...  


 

Alors que le temps de Sif vient à grands pas,

Zéphyr devient plus mordant que Cerbère,

Perséphone a regagné en frissonnant les Enfers,

Et Hâpy rappelle ses flots dans ses bras.

La neige blanchit silencieusement le sol.

Il est l'heure d'accueillir l'hiver.

Les sabots des chevaux d'Hélios forment des congères,

Le quadrige entraîne Phaéton dans le froid

Les rois mages apportent les cadeaux à la naissance

Et l'homme à la barbe blanche rend la joie à l'enfance.

Minuit sonne, le feu brûle dans la cheminée.

Quand la cloche tinte, le gong réunit l'histoire.

Saturne, Jésus, Yule et St Nicolas viennent se voir

Et ensemble, ils rassemblent les années.

Fanny ALLÈGRE



Le poème du jour en ce 25 décembre, fête de la Naissance et de la Fécondité, est celui de Claire, ode à l'Eau, source de Vie ! Claire fait partie de ces personnes qu'on porte instantanément dans son cœur. Je la chéris dans le mien et je serai toujours là pour elle. Voici son poème, pause-douceur de l'âme aux couleurs de l'arc-en-ciel, qui nous rappelle l'essentiel !  


Blanche comme la pureté que tu dégages,

Seul le froid suit ton passage.

Grise sans soleil, te regardant passer au loin, je me sens si seule.

Qu'il revienne, que tu étincelles !

Bleue et ruisselante, quand passe l'été,

M'imprégnant de toi, je révélerai ma féminité.

Verte et fertile, au milieu des racines un chemin tu te frayeras,

Pour apporter la paix dans ce pays-là.

Or et argent, tu luis de milles feux brillants,

Quand tu tombes sous ce néon scintillant.

Rouge et nécessaire à mon corps, à ma vie,

Si tu ne t'écoules plus je péris.

Mauve sous le crépuscule, tu nappes ma Bretagne de nuances surréalistes,

Tu peins ma vie telle une artiste.

 

Tu fondes l'arc-en-ciel et nous réunis tous dans une même ronde.

Nymphes, Poséïdon et sirènes, Ymir, Thor et Freyr ;

Divinités et humanités fécondes. 

 

Je te chante eau-jourd'hui, car tu es nécessaire à notre monde.

 

Claire RIVALIN



Changement d'ambiance avec ce poème de Roi des Rats... Loin d'être un raté (chacun connaît l'extrême intelligence de l'animal), sous sa façade brigand des grands chemins à la Robin des Bois ou Batman en rat et en chevelu, Roi des Rats est un rebelle au grand cœur, un idéaliste qui a soif de justice. Voici son poème, un hymne anti-Zeus très électrique !!! 


Je veux qu'on Zeus sur ma tombe

 

 

Mon cher Zeus, si puissant, si grand !

Maître des dieux, de l'univers, et des glands!

Je suis désolé mon grand je ne voulais pas le faire,

mais je suis dans l'obligation de te dire que tu me pompes l'air.

 

Hésiode nous le dit, ton œil voit tout, il connaît tout.

Mais si tu vois tout, commence déjà par t'occuper d'Héra,

Ses colères sont divines Hercule est tout fou,

Tout le monde a bien vu que tu ne la respectes pas!

 

Ta sœur ou ton aimée ?

Visiblement ce n'est pas tabou

On se croirait en Vendée,

serais-tu ventre à choux ?

 

Tu aimes te transformer, dans des formes diverses et variées,

Je comprends pourquoi Ulysse préfère Athéna,

Aigle, cheval, taureau, ton pouvoir est illimité

Allons mon cher tu ne me suis pas ?

 

Dieu de la justice, retourne dans le passé,

Sous forme de chèvre rejoins ton berger solitaire,

Paris éclairé sera bien occupé

Son désir assouvi, Ulysse ne partira pas en guerre.

 

Zeus tu es passé sur plus de corps que Rocco Sifredi,

Apollon, Aphrodite et tous les lecteurs réunis,

Je comprends maintenant pourquoi on agit ainsi,

La mythologie n'est elle pas le guide de notre vie ?

 

En revanche je reconnais ton ouverture d'esprit,

Hommes, nymphes, et femmes,

Viens expliquer à Jean-Marie,

Que l'amour vient de l'âme.

 

Tu m'impressionnes, ta paroles est d'or,

Tu balances des promesses comme on consomme de nos jours :

Amalthée, Poséidon à chaque fois tu t'en sors !

Tu as tout compris à notre démagogie de porc !

 

Nous sommes tous sortis de ta planète de Grand-Mère,

Or l'argent nous fait Bronzer,

Si Ulysse était venu dans mon université,

La boue et la merde l'auraient accueilli comme un réfugié.

 

Va dire à Athéna ta fille rusée,

Qu'elle vienne nous aider,

Machos semble s'être réincarné, Athéna, Pitié !

Va leur dire que les hommes et les femmes sont à égalité !

 

Ne m'en veux pas je suis juste aigri,

Elle a volé le corps d'Aphrodite, aller simple pour le paradis,

On a rejoué Eurydice et Orphée,

Mais cette fois c'est l'enfer qui a gagné.

 

Quand tu me répondras, prends-moi de haut, soigne ta démarche,

N'oublie pas que l'on ne joue pas dans la même cour,

Je suis Marteau, Rat, Bâtard, mais quand je marche,

Toi tu cours.

 

Roi des Rats



Octave est un petit malin qui a plus d'un humour dans son sac... Il veut devenir comédien, mais je crois bien qu'il l'est déjà par nature. Prométhéen sur les bords, quand il dit un truc, on ne sait jamais trop si c'est du lard ou du cochon, voire du tofu !!! C'est donc tout naturellement dans une scène de théâtre comique qu'il nous emmène, un remake déjanté du retour d'Ulysse à Ithaque auprès de Pénélope. Burlesque garanti... Prêts, les amis ? Installez-vous confortablement dans votre fauteuil... LEVER DE RIDEAU...


L'Odyssée : Le Retour d'Ulysse revisité.

 

Chœur :

Pour que l'Aède, chanter il nous puisse,

Ô muse, fille de Zeus souffle lui bien,

Les peines endurées par la femme d'Ulysse,

Dont les cris accompagnent chaque matin.

Fidèle à son époux en douce Pénélope,

Elle ferme ses verrous à tous ses prétendants,

Mais la nuit la coquine, pour ne pas dire salope,

Se laisse et s'adonne à tous leurs penchants.

 

Pénélope :

Ô toi, Poséidon, dieu des mers et des eaux,

Empêche mon marin, d'Ithaque voir les eaux.

Qu'il me laisse seule pour le reste de ma vie,

Pour qu'enfin je puisse bien occuper mes nuits.

Ôte moi ainsi du poids du père et du fils,

Et je te donnerai mon corps en sacrifice.

 

Chœur :

Ainsi l'époux partit à Troie pendant vingt ans,

Et d'aventures fut ponctué son voyage.

Alors que de luxure sa femme passa son temps.

Mais un jour, d'Ithaque il accosta la plage.

 

Pénélope :

Horreur! Je ne l'attendais pas si promptement,

Car je n'ai pas remis en place l'ameublement.

Le palais et la chambre sont souillés,

Et des derniers amants mon lit n'est point vidé.

Il est temps à présent d'aller prendre ma douche,

Pour me débarrasser du nuage de mouches...

 

Chœur :

Celui qui par orgueil ne connaît point la peur,

Franchit enfin le seuil sacré de sa demeure.

 

(Entre Ulysse avec une apparence piteuse)

Ulysse :

Quel est donc cet endroit? Ce n'est pas ma demeure...

Aurais-je donc été trompé par les chants du chœur ?

 

Pénélope : (faisant mine de ne pas le reconnaître)

Bonjour vieil homme, je ne vous connais pourtant point.

Que venez vous donc faire là, dans ce recoin ?

 

Ulysse :

Ma douce épouse, ne me reconnais-tu pas ?

Est-ce là encore une fourberie d'Athéna ?

Pour de ma noble identité te convaincre,

Tous tes prétendants je m'apprête à vaincre !

(Il se dévêtit)

Mets-moi donc au défi, que de mon arc bandé,

Tu m'autorises, une flèche te décocher.

 

Pénélope : (le regard fuyant de dégout)

Oh mais je te reconnais déjà bien assez.

Le voile sur mon regard s'est estompé.

Comment, n'es-tu donc point épuisé,

Quand mes côtes déjà tu souhaites accoster ?

 

Ulysse : (De plus en plus pressant)

Vingt ans, huit mois, treize jours, pour l'aller-retour,

Sans jamais, sur le trajet, avoir fait l'amour.

Des Phéaciens le navire vient juste de mouiller,

J'espérais bien aussi ainsi te retrouver.

J'ai le mat et la quille, le gouvernail en feu !

Allons ma fille vite nous mettre au pieu !

(Allant ouvrir la porte)

 

Pénélope : (Le retenant)

Pitié! Cette porte tu ne dois point ouvrir!

Sinon le destin pour nous va mal finir!

 

Ulysse : (Ouvrant la porte de la chambre et constatant l'orgie)

De même qu'Agamemnon à Sparte rentrant,

Je découvre ce spectacle tellement affligeant.

Comme lui vais-je donc me voir assassiner,

Par tous ceux qui, dans mon absence, sur toi sont passés ?

 

Pénélope : (de mauvaise foi)

J'en avais plus que ma claqu' d'attendre ton retour !

Si tu n'es pas content, fais donc un autr' séjour,

Par delà les mers que tu aimes tant,

Et où ton fils est parti en te cherchant!

 

Ulysse : (Fort énervé)

J'ai vaincu le Cyclope, Circé et ai refusé,

L'amour que Calypso aurait pu me donner!

Pour me rendre compte ici de ta fourberie !

Je vais donc m'en retourner vers ce paradis !

Bien loin de toi et de tes infidélités,

Je m'en vais, à jamais, et sans te regretter !

(Ulysse sort)

 

Pénélope : (Tiraillée par la honte)

Je suis la ténébreuse, la veuve, l'inconsolée...

Je me sens honteuse et vais aller me saouler...

Maudite Athéna, à qui je dois ces jours !

Ô mère divine, qui lui permit le retour.

En tissant mon linceul je pleurerai comme un veau,

Car me voilà bien seule... Adieu! Ah! Éro(s) !

(Va pour se poignarder, et le temps s'arrête au début de la tirade du Choeur)

 

Chœur :

Ainsi finit l'histoire de la pauvre amourette.

À son mari la gloire, pour elle des cacahuètes.

Puissants dieux de l'Olympe, soulagez sa douleur,

Vous qui jamais n'avez voulu le mal en son coeur.

Et pour qu'à ses jours la pauvre ne mette fin,

Retenez, le geste tragique de sa main.

(Bruit d'éclair tombant sur Pénélope)

 

RIDEAU

 

Octave BERTIC 

 

Post-Scriptum : Il est à préciser que ce texte ne ressort d'aucun fantasme douteux comme d'aucune atteinte à la gente féminine, ou à une personne particulière. Toute ressemblance avec une situation réelle ne se trouve être que le fruit de la providence. Il ne s'agit pas davantage d'une critique de l'oeuvre du père des poètes mais une caricature où tout est à prendre à titre humoristique. Merci de votre Indulgence.



Retour à la réalité humaine avec Yu, notre poétesse du jour, qui nous offre en toute modestie un poème sur l'orgueil, cette forme d'hybris dont les Grecs rappelaient souvent dans leurs mythes le danger pour conseiller la "juste mesure"


Orgueil

 

Redescends de suite de tes chevaux,

Ne sais-tu pas à quel point tu le payeras ?

Ici tu te dresses, l'ego gonflé à ras.

Ne connais-tu pas le sort réservé aux ballons ?

N'est-ce pas eux, qui, trop confiants, explosent ?

Peut-être est-ce tout ce que tu souhaites, fleur close.

 

Tu as cessé de pousser et de t'ouvrir, maigre bourgeon...

Le terreau qui te nourrit ne suffit plus à te purifier.

Une seule fois, tu y as goûté,

Le fruit défendu et juteux de l'orgueil.

Tu te drapes avec, fier de ta parure

Ignore les recommandations et voici ton linceul.

Mais ne connais-tu pas déjà la fin de cette histoire obscure ?

 

File, tisse ta toile, Arachnée.

Création pour ce jour, si soyeuse.

Si belle ; la victoire t'as rendue hideuse !

Ton seul don, fut la cause qui t'as rabaissée

Le crois-tu ? Accueille l'hubris, dis nous adieu...

 

Il est le premier de tous, celui qui a conduit aux autres.

Tu as cru pouvoir être l'égal de Dieu...

Observe d'où tu te tiens à présent, bien loin d'un apôtre.

Laisse le mépris derrière toi !

Emmène ta vanité loin de moi !

 

J'ai confiance en ce que je vois et c'est toi que je regarde.

Tu me surplombes et me fixe dédaigneusement,

Prends garde...Plus haut, tu te tiens, plus rude sera la chute.

Je sais, tu te penses légitimement plus méritant...

Seulement, à quel moment y a-t-il eu lutte ?

Nous as-tu peut-être démontré tes qualités ?

Non... Tu n'as fait que rendre ton défaut plus exacerbé.

 

Accepte juste de parfois baisser la tête,

Perdre et être honnête.

Sache reconnaître tes torts,

Ainsi, tu deviendras réellement fort.

Récolte donc les fruits de ce que tu vaux.

 

Yu



Alex, notre poète à l'honneur aujourd'hui, est à lui tout seul le Wikipédia de la mythologie. Si si, je vous assure ! Sa mémoire contient une somme incroyable d'informations qu'il relie entre elles à tel point que je crois bien qu'observer ses connexions neuronales qui s'établissent quand il parle de mythologie reviendrait à contempler un immense sapin de Noël qui s'illumine. Le plus dur, croyez-moi, c'est de l'arrêter ... Fervent défenseur des oubliés de nos petites mémoires, il aime les "réhabiliter" en parlant d'eux. Voici donc son poème sur les Cent Bras : c'est du costaud !


Ô Fils de la Terre oubliés de nous tous

Vos cent bras gardant la prison du Tartare

Vous qui vivez dans un lieu où rien ne pousse

Hécatonchires votre histoire je narre.

L'aide du poète berger et des Muses

Je demande avec respect pour vous sauver.

Soutenus par la déesse prônant la ruse,

Sur vos frères et sœurs vous remportez

La victoire tant espérée de l'Olympe.

Parmi les trois grand fils de Cronos l'un peut

et vous a confié les remparts en airain

Briarée, Cottès, Gygès sont les gardiens.

Cyclopes forgeurs des armes du Kronide

tués à cause de la foudre céleste.

Puisse Athéna me guider dans cette guerre

Que m'habite la fureur de la Kronide

Et je chanterai sans retourner ma veste

Votre histoire et celle de vos pairs.

 

Nés de l'amour d'une mère et de son fils

Aussi forts que Gê, aussi grands qu'Ouranos.

Chassés par Ouranos puis par votre frère

la liberté est donnée par le grand Zeus.

Gardiens du Tartare et de tous les damnés,

forgeurs de l'arme du roi des Olympiens

on vous nomme Briarée, Cottès, Gygès,

Argès, Brontès, Stéropès dans les mots.

Vous avez sombré dans les eaux du Léthé

vos histoires ont été gardées par la Mort.

Maintenant acceptez cette renaissance,

que vos vies soit de nouveau connues de tous.

Ils aidèrent l'Olympe face à leurs frères.

Garder le Tartare est leur récompense

Exempt de tout ce qui est lié à la Mort.

Forger les rames du Kronide est votre aide

la mort par Hélios est votre récompense.

J'espère que vous entendrez ces mots.

 

La parole n'est que pouvoir et savoir

l'Oubli elle le combat par la mémoire.

Je vous rends le pouvoir qui était le vôtre

En suivant les pas d'Hésiode et tous les autres.

 

Alex GOUDET



C'est à présent Louis qui est mis à l'honneur pour ce poème dont je vous laisse apprécier les jeux de mots et les interrogations existentielles ...


Parlons de légendes, entendues ici et là

Presque aussi dangereuses que des mites au logis

Qui subsistent malgré tout, à l’image de Scylla,

Un souvenir dans les flots d’un temps évanoui

 

Pouvons-nous vraiment confier aux hommes la Justice,

Transformer leur destin en une partie de dés,

Les laisser seuls dans la Vérité la pl -Ulysse :

“Je suis là par hasard et personne pour Médée.”

 

Doit-on offrir le Diable quand ce serpent dort ?

Voir un homme libre, trop conquérant par vanité,

Ouvrir avec tant d’envie cette boîte de Pandore,

S’attrapant à rêver d’une fade humanité.

 

Que de fervents croyants veulent rompre avec hier

Désabusés des silences après les prières

Devant se contenter d’un Dieu si versatile

 

Néanmoins ces hommes ne resteront jamais sages

Impatients qu’ils peuvent être dans l’attente d’un message,

Ils n’ont plus qu’une question : des larmes, en versa-t-Il ?

 

Louis LEGROS



La parade finale du concours : Katia et Ariane


Terminons cette merveilleuse ronde poétique en apothéose avec les poèmes de Katia et d'Ariane ! Elles y chantent toutes deux la Lune, que les Anciens assimilaient facilement à Isis et Artémis. Cet écho avec les poèmes initiaux de Laurie et d'Aris est un clin d'œil à la composition en spirale/vortex de la poésie orale si riche de sens (telle qu'on la trouve chez Homère et Hésiode) et qui nous rappelle que l'existence est à la fois linéaire et cyclique, que la fin d'un cycle renvoie à son début avec une différence qui fait que le cercle ne se ferme pas sur lui-même pour tourner en rond mais s'ouvre sur un autre à la fois ressemblant et complètement nouveau. Idéal pour ce passage de cette fin 2017 à ce début 2018, passage qui se fera avec une Lune allant vers son plein, et que je vous souhaite rayonnant avec ces deux poèmes lunaires de Katia et d'Ariane du 31 décembre 2017 et du 1er janvier 2018 <3. 


Inspirée et inspirante, Katia est une personne hypercréative aux multiples talents, qui soutient chacun à développer les siens !!! Je vous laisse la découvrir sur son site internet où vous pouvez savourer aussi ses autres poèmes : http://www.middaywoman.com/ 


La Lune Joueuse

 

La lune miroite dans mes yeux,

Projette une louve avec son feu;

 

Profile sa face contre mon nez,

Qu'elle chatouille pour l'envoûter;

 

Elle se faufile entre mes reins,

Eclate de rire dans mon bassin;

 

Au goutte à goutte son filtre argent,

Et j'ai la lune dans le sang !

 

Danse 28 jours entre mes tours,

La dame Lune règle son cours,

 

La Lune décroît entre mes pieds,

Féconde les graines sans se planter.

 

Sa phase croissante en escargots,

La lune se grave dans ma peau.

 

La Lune file dans le ciel,

De mes cheveux une toile vermeille;

 

Je la porte pleine dans mes rondeurs,

Quand de ses dunes elle touche mon coeur;

 

La lune se dresse entre mes seins,

Mon astre resplendit sans fin;

 

De l'Une à l'autre, c'est mon destin,

Qui de ma plume trace le chemin.

 

Katia BOUGCHICHE


Ariane, qui porte le nom de cette héroïne, fille de Minos qui a aidé Thésée à sortir du labyrinthe crétois, a plus d'une corde à son arc : passionnée de mythologie et d'astrologie, elle est également musicienne, compositrice et chanteuse. C'est l'une de ses chansons intitulée "Histoire de Lunes" qu'elle nous offre à lire (et pour écouter ses autres œuvres, voici son site internet : https://www.lefilretrouve.com/mes-chansons/) !  


Histoires de Lunes

 

Ce soir la lune est venue te prendre dans ses bras

Ce soir le rouge carmin a teinté tes draps de soie

Ce soir tu sais enfin

Ce soir tu rejoins le chemin

 

Des femmes de ton quartier

Des femmes et leur secret

Cachées sous le voile

De leur corps enchanté

 

Demain assise sur ton cheval blanc fière et rebelle

Demain ton arc enroulé sur ton torse bombé

Demain tu chevaucheras les blés

Demain pour semer l’éternel

 

Des femmes de ton quartier

Des femmes et leur secret

Caché sous le voile

De leur corps enchanté

 

Jeune femme bienvenue

Dans le monde magique

Fantasque et cyclique

De tes sœurs farfelues

 

Bientôt sous ta robe en velours déjà on devinera

Bientôt un amour infini lové au fond de toi

Bientôt tu prendras le chemin

Bientôt de ce nouveau dessin

 

Des femmes de ton quartier

Des femmes et leur secret

Caché sous le voile

De leur corps enchanté

 

Enfin une louve te cueillera un beau matin

Enfin pour te faire visiter les mondes souterrains

Enfin tu seras reine

Enfin des enfers et du ciel

 

Jeune femme bienvenue

Dans le monde magique

Fantasque et cyclique

De tes sœurs farfelues

 

Ariane CLÉMENT



Bonus surprise !!!


David est un être imprévisible qui a l'art subtil de ne pas être là quand on l'attend ... mais d'être là quand on ne l'attend pas, ce qui crée bien des surprises ! Il avait oublié d'envoyer son poème mais lire chaque création, jour après jour, lui a donné envie de participer, même s'il était, de fait, hors-concours. C'est, bien sûr, avec joie que nous accueillons son poème : ça s'appelle "Furor" et, comme le temps dehors, ça décoiffe, alors, attache bien ta tuque, comme on dit en bon québécois !


Les morts dansent sur des horizons millénaires.

Les âmes oubliées suintent de part et d’autre à travers les tombes grisâtres.

Le calciné renaît de ses cendres, tel un phénix.

Le noyé remonte à la surface des eaux impétueuses.

Le gisant vomit encore et encore les insatiables vers du trépas.

 

Les enfers violent les cieux ;

Une formidable odeur se répand dans l’atmosphère,

D’innombrables secousses tourmentent le monde

Des hurlements retentissent à perte d’ouïe :

Le prodigieux orgasme d’Hécate bouleverse l’ordre cosmique.

Un lyrisme démoniaque tyrannise l’infâme rationalité.

Griffes du passé, crocs de l’avenir, déchiquetez le stérile présent, effrayé d’exister.

Lacérez-le sans merci, ses lambeaux nauséabonds seront les trophées

Sur lesquels nous éjaculerons notre joie.

L’espace sodomise le temps. Les rôles s’inversent.

L’Être trésaille, bousculé, bascule, maculé, flocule.

L’impartial foudroiement de la création étouffe le sceptique,

Étrangle le fanatique,

Et libère ainsi l’irascible tumulte

Trop longtemps retenu captif dans l’antre immuable de la banalité.

Il brise les entraves dogmatiques,

Transperce le cœur prosaïque

Exterminant à jamais les rats

Qui n’eurent de cesse de ronger la substance merveilleuse de la vie.

 

Par la fiévreuse cadence de tes reins,

Ô Lune, mère de monstres,

Les morts dansent sur des horizons millénaires.

 

David BONNEAU